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Shirakawa-go

白川郷

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C’est sous une neige de plus en plus dense que nous avons quitté le Gassho-zukuri Minkaen pour traverser le pont menant au village de Shirakawa-go. Il n’était pas encore midi mais la faim se faisant déjà sentir, nous nous sommes arrêtés dans le premier endroit que nous avons trouvé. Il faut dire qu’avec un temps pareil, la visibilité était plutôt réduite et le froid ne donnait pas tellement envie de passer trop de temps à chercher un coin pour se rassasier. Il me semble bien de toute façon que beaucoup de commerces étaient fermés, avantage/inconvénient (cochez la solution qui vous convient) de passer dans la région hors saison.

Le ventre plein et nos bagages déposés au minshuku Hisamatsu 民宿久松, nous sommes partis de l’autre côté du village afin de monter dans les hauteurs. Plus que l’idée de faire une mini-randonnée (ce qui ne me dérange pas d’habitude), c’est la perspective d’avoir une vue d’ensemble de la bourgade et de pouvoir en faire une photo qui motivait notre mon choix. Autant vous dire que même si nous n’avons pas regretté l’ascension (oui, oui, c’est bien nous cette fois-ci 😳 ), la vue était loin d’être dégagée et les travaux en cours au niveau de la (future) plateforme d’observation nous ont un peu sorti de notre isolement relatif.

Dans les hauteurs de Shirakawa-go

La fameuse vue sur le village Shirakawa-go depuis les hauteurs. La visibilité était loin d’être idéale…

Quelques glissades incontrôlées et une dizaine de minutes plus tard, nous étions de retour dans le village. Les visites et les photos, c’est bien, mais on avait un peu envie de se changer les idées et le choix était somme toute assez limité. Plutôt que d’opter pour un énième café, on se l’est joué gamins de 8 ans en passant par la case bonhomme et bataille de boules de neige, et dieu que c’était bon ! Bon, ça a quand même fini de nous mettre sur les rotules et de nous glacer les mains, mais on avait un plan de secours en tête : un petit onsen prêt à nous accueillir à quelques mètres de là. Pas de bain privatif malheureusement mais, d’un autre côté, il n’y a avait personne chez les hommes et c’est comme un pacha que j’ai profité du petit rotemburo, le bain extérieur qui donne sur la rivière Shō 庄川.

Cette première journée s’est fini avec un mémorable dîner dans notre minshuku. Très franchement, le repas était bon, mais c’est surtout l’atmosphère absolument unique du moment qui me reste encore en mémoire. Arrivées les derniers, les places donnant directement sur l’âtre avaient été prises et nous nous sommes retrouvés légèrement en retrait au fond de la pièce. Pas de chance ? Plutôt si en fait : les autres convives ont passé le repas à toussoter et à larmoyer face à la fumée qui ne leur a laissé aucun répit. Les crépitements du feu et les craquements à peine perceptibles du bois noirci de la bâtisse rythmaient de petits éclats le quasi-monologue en patois local du papy de la famille. On me demanda de traduire mais je luttais déjà suffisamment avec l’accent très prononcé de la maîtresse de maison pour tirer quoi que ce soit de ce patrimoine culturel vivant. Si on parle souvent des minshuku comme une bonne occasion de découvrir un peu un cadre familial japonais, manger ainsi dans cette demeure vieille de plusieurs centaines d’années tenait plus, pour le coup, du voyage dans le temps que d’un aperçu de la vie privée des gens. Une expérience absolument fantastique, dans son sens premier si je puis dire.

Pour le deuxième jour de notre séjour, nous n’avions que quelques heures de disponibles dans la matinée avant de prendre le bus pour retourner sur Takayama. À part un nouveau petit tour dans le village encore plus enneigé que la veille, on en a surtout profité pour visiter la maison-musée de la famille Wada. Si je ne regrette pas spécialement la visite et que la bâtisse est vraiment impressionnante de part sa taille, j’ai tout de même trouvé que cela faisait un peu double emploi avec toutes les demeures que nous avions vues en long, en large et en travers dans le Minkaen. Je n’ai donc plus spécialement de commentaires à faire et vous laisse avec le reste des photos pour finir la visite. 😉

Dans les rues de Shirakawa-go

Le saviez-vous ?

Je n’en ai aucune photo mais on trouve dans ces maisons une sorte de pan de bois pendu par des cordes et positionné juste au-dessus de l’âtre. Un peu comme un carré de faux plafond placé très bas si vous voulez, sachant qu’il n’y en avait pas de vrai d’ailleurs et que toute la charpente était exposée. Sa présence étant clairement la raison pour laquelle la fumée partait en direction des convives lors de notre dîner, on en a bien évidemment demandé la fonction, et elles sont multiples :

protéger le toit de chaume (bien que placé bien plus haut) contre d’éventuels éclats ardents qui pourraient y mettre le feu ;
répartir d’avantage la chaleur et faire en sorte qu’elle reste au niveau habité ;
diffuser la fumée pour qu’elle monte de manière plus ou moins égale jusqu’à la charpente.

Ce dernier point est très certainement le plus intéressant. Je faisais mention des murs noircis par la fumée et, plus qu’un effet collatéral de faire un feu en intérieur, on nous a dit que celle-ci renforçait en fait, via la suie, la structure de bois de la maison. Un vernis protecteur en somme. 😉

 

Infos pratiques

Horaires : la maison Wada est ouverte de 9h00 à 17h toute l’année (quelques jours de congés non réguliers) – le onsen Shirakawa-go no yu 白川郷の湯 est ouvert de 7h00 à 21h30
Tarifs : maison Wada, 300 yen/adulte – 150 yen/enfant ; onsen, 700 yen/adulte – 300 yen/enfant
Accès : le plus facile est très certainement de prendre le bus depuis Takayama (50mn/2400 yen) ou Kanazawa (1h15/1800yen). Oui, ça prend plus de temps mais c’est moins cher depuis Kanazawa, ne me demandez pas pourquoi. ^^; Pour plus d’informations, Nohi Bus a une page en anglais.
Liens utiles et références : Le minshuku Hisamatsu (en) – Le site officiel du village Shirakawa-go (ja)/(an) – Le PDF de l’Office du Tourisme du Japon (an) – La page dédiée de l’UNESCO (fr)

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Shirakawa-go : Minkaen 36.255417, 136.902695 Shirakawa-go Gassho-zukuri Minkaen

 

Dans les rues de Shirakawa-go

 

 

Shirakawa-go - Dans la maison de la famille Wada

Un équivalent de nos celliers j’imagine : tous ces ustensiles en bois, ça fait drôlement envie.

 

 

 

Dans les rues de Shirakawa-go

Le parking et les boutiques à touristes dont je parlais dans mon précédent article avaient une toute autre allure recouverts de neige. Au revoir Shirakawa-go !

 

Date des clichés : 2010/12/25

 

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