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Le relais de Magome sur la route Nakasendô

Relais de Magome – 馬籠宿

A l’époque où les trains ne sillonnaient pas encore l’archipel, le seul moyen de relier Edo à Kyoto était en empruntant la route suivant la côte pacifique – la célèbre Tôkaidô – ou celle passant par l’intérieur du pays – la Nakasendô. Si certaines grandes villes étapes de ces anciens chemins ponctuent encore le trajet actuel du shinkansen ou de la ligne chûô, beaucoup de points relais ont au contraire été complètement mis à l’écart, subissant de terribles conséquences économiques qui auraient pu signer la ruine de bien d’entre eux. Mais de nos jours le tourisme fait – parfois – des merveilles et certains villages ont réussi à perdurer, retrouvant même une nouvelle jeunesse. C’est dans un de ses irréductibles fiefs nippons résistant toujours et encore à l’envahisseur moderne que je vous propose de flâner quelques instants…

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Sans être déplaisant, le trajet jusqu’à Magome n’en fut pas pour autant des plus agréables. Avec un départ sur le coup des six heures du matin, le wagon dans lequel je m’engouffrai en espérant trouver un peu de chaleur s’avéra tout aussi glacial que l’air du dehors. Il ne commença d’ailleurs à devenir supportable – entendez par la favorable à une petite allonge de ma nuit de sommeil – que seulement lorsque nous arrivâmes en gare de Nakatsugawa, le point de correspondance pour le bus conduisant à Magome. Il me restait une demi-heure avant l’arrivée de mon transport, et je suivis donc le conseil de l’agent de police qui m’avait confirmé les horaires du bus, en rejoignant une bonne partie de mes compagnons de train qui patientaient dans la salle d’attente de la gare.

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A ma grande surprise, je fus le seul de notre petit groupe à prendre le bus. Je le restai d’ailleurs une bonne partie du trajet, rejoint en cours de route par quatre petites grand-mères qui ne manquèrent pas de me saluer d’un large sourire, tout en prenant soin de s’asseoir du côté opposé où je me trouvais. Quelques courbettes d’au-revoir plus tard et me voilà à nouveau seul avec mon impassible chauffeur. Les minutes passèrent et notre bus finit par quitter la cuvette de la petite ville pour s’élever vers les hauteurs, troquant le paysage urbain pour de denses forêts de cryptomères si communs dans les Alpes japonaises. 8H30, on arriva enfin sur le parking, désert, qui jonche le plateau au pied de Magome.

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Magome, c’est comme un petit torrent qui dévale en une jolie courbe le flanc de sa montagne, l’éclaboussant dans sa course de coquettes maisonnettes de bois dont on ne saurait dire si elles sont vieilles tellement qu’elles respirent la vie. Échoppes d’artisan, ryokan, magasins de souvenirs, même la plus petite des maisons est encore animée – et de temps en temps restaurée – d’une grande chaleur humaine, chaque habitant étant finalement l’un des nombreux conservateurs de ce musée grandeur nature.

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En raison de l’heure matinale, peu de commerces étaient ouverts lors de mon arrivée. Pas l’ombre d’un touriste non plus – ce qui fut loin de me déplaire – me laissant tout le loisir de profiter du village sans son côté commercial. Afin de préserver son authenticité, Magome a fait enterrer tous câbles électriques qui auraient pu balafrer ses devantures ou couronner de honte ses toits grisonnants. Cet effort de cacher tout signe probant de modernisation lui donne un cachet que l’on a du mal à retrouver au Japon. C’est dans cet écrin de passé que je me promenai, profitant des premiers rayons de soleil, réveil matin d’une précision d’orfèvre pour la petite bourgade encore endormie.

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Le soleil s’étant définitivement installé dans un ciel d’hiver désormais vierge de tout nuage, je me dirigeai vers l’office du tourisme local, espérant y trouver quelqu’un pouvant me renseigner quant à la praticabilité du chemin de montagne entre Magome et Tsumago. Les deux femmes d’âge mûr, promptes à la causette, que je rencontrai, en arrivèrent au même constat : en cette saison, cette portion du Nakasendô est fortement enneigée et nécessite de bonnes bottes. « Des bottes? » demandai-je. On me répliqua qu’avec l’épaisseur de neige qu’il devait y avoir, j’aurais les pieds trempés avec mes simples chaussures basses. Elles me demandèrent mon âge aussi, compatissant, au vu de ma réponse, à ma déception de ne pouvoir tenter l' »aventure ».

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Aventure, le mot fut lâché, finissant de me convaincre qu’un simple pantalon mouillé ne suffirait pas à m’arrêter dans mes projets, d’autant plus que le prochain bus pour Tsumago était presque deux heures plus tard. Je remerciai mes conseillères et me dirigeai plein d’entrain vers ma prochaine étape Into the Wild…

Date des clichés : 2008/01/05 – Apn : Canon EOS 40D

 


Horaires
: accès libre
Tarifs : accès libre
Accès : depuis la gare de Nakatsugawa, prendre le bus pour Magome (540 yen – 30 mn)
Liens utiles et références : page internet (japonaisanglais), Wikipédia (japonais), Brochure JNTO

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