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Le temple aux divorces – 鎌倉東慶寺

Si quand on habite dans le Kansai, on a la chance d’avoir Kyôto à proximité pour de petites excursions, je dois dire que je ne me lasse toujours pas de Kamakura. Depuis Yokohama, une demi-heure seulement nous sépare de cet incontournable touristique et je peux me permettre d’en découvrir les secrets de la plus agréable des manières qu’il soit : petit à petit et au calme. Ma dernière visite date de lundi dernier et j’ai cette fois-ci jeté mon dévolu sur le petit temple de Tôkei-ji…


Fondé en 1285, ce couvent de nonnes – le seul restant des cinq de Kamakura – est célèbre pour avoir été tout au long de son histoire un refuge pour les femmes désirant divorcer de leur époux. Il leur suffisait de passer trois années consécutives dans le couvent pour être en droit de couper les liens (d’où le surnom enkiri-dera) avec leur mari. Dans une société où la femme n’avait que peu de droits – comme dans beaucoup d’autres pays me direz-vous, on peut facilement imaginer les réactions. Mais quand c’est le shogun qui en prend la décision, difficile de ne pas se plier.

Pour preuve, la désagréable surprise du seigneur Kato Akinari qui, refusant de se soumettre à cette loi, se vit confisquer du jour au lendemain de son fief d’une valeur de 430 000 koku (1 koku = 180,39 litres de riz). Tout un fief perdu pour un refus de divorce à une époque où l’infidélité n’était apparemment pas une tare : honneur ou fierté masculine ? Je vous laisse juges…

Véritable bastion de la séparation, l’endroit était tellement connu que n’importe qu’elle femme passant dans les environs d’un pas un peu trop hâtif était tout de suite gentiment dirigée vers le temple et ses trois auberges mises en place pour l’occasion. On ne saurait dire exactement combien de femmes ont été accueillies, mais toujours est-il que l’enceinte garda ce privilège à travers toute la période Edo (1603~1867) et jusqu’en 1873 où la cour nationale de justice prit officiellement la relève.

Devenu une dépendance du temple Engaku-ji en 1902, les nonnes ont bien évidemment disparues. Si l’on peut retrouver quelques stèles aux représentations féminines de-ci de-là, bien malin celui qui pourrait imaginer le passé peu orthodoxe de ce petit complexe bouddhique. Je ne considère d’ailleurs pas sa visite comme prioritaire sur Kamakura, si ce n’est, éventuellement, lors de la floraison des pruniers (pour bientôt visiblement).

Même si j’y ai passé près d’une heure à flâner et shooter, il faut savoir qu’on a très vite fait le tour des lieux : tout le fond est en fait un cimetière hérissé des habituels cryptomères et je ne saurais vous dire ce que contient l’immense kura un peu trop moderne à mon goût qui sert de salle aux trésors. Un moment agréable donc, mais dont le souvenir ne restera sûrement pas bien vivace…

Date des clichés : 2009/01/19 – Apn : Canon EOS 40D

Sources pour le billet : brochure du temple
Horaires : tous les jours de 08h30 à 17h (16h en hiver)
Tarifs : unique – 100 yens (300 yens pour la salle aux trésors)
Accès : descendre à la gare de Kita-Kamakura
Tout le web : Tokei-ji

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